1) Dialogue et réalité
Notre posture est certainement très étonnante, peut être même déconcertante !
Mais si nous nous asseyons à côté de ceux qui vivent des situations sociales, sur ce strapontin forcément peu confortable, ce n’est pas pour l’illusion de vivre la même réalité, mais pour chercher à redécouvrir ensemble ce qui s’y joue.
Les dialogues qui se nouent alors, nous rendent mille fois les efforts qu’il a fallu faire pour convaincre que le plus court chemin pour comprendre n’est pas le meilleur.
Et ce n’est pas une simple formule de le dire ainsi. Je pense à cet instant aux reflets encore vifs des regards de Noria, Fatima, Pascale ou Jean-Claude, Michaël, Julien, Christine ou Émili, Isabelle, Juliette ou Jean-Pierre, Renaud, Raoul,…
S’intéresser à l’activité de travail, ce n’est pas aller voir… Ce n’est pas porter un regard d’expert sur des singularités. Ce n’est pas non plus en rester à des singularité, pour faire de ces dialogues des « témoignages », les rapporter ailleurs et laisser à d’autres la faculté de leur donner un nouveau sens.
S’intéresser à l’activité, c’est mettre la réalité au travail avec ceux qui la réalisent, et tisser ensemble des liens entre ces singularités et des généralités.

2) Méthode
Il est alors bien question de méthode, car il ne suffit pas de s’asseoir… J’ai en mémoire le travail de Robert Doisneau pour photographier Jeanne Moreau. En lui disant ce qui semblait être des banalités, il ajoutait « que c’est drôle, que c’est drôle,… ». Jeanne Moreau a fini par laisser échapper le rire qu’il attendait d’elle certainement…
La méthode, comme recherche d’une voie, ne dit pas forcément tout du résultat qu’elle veut obtenir.

3) Réalité et média
C’est un peu étrange qu’on pense souvent aujourd’hui que la parole est une sorte d’imprimante de ce que nous pensons.
En s’asseyant à côté de ceux qui travaillent, on voit bien que c’est un tout autre fonctionnement qui est à l’œuvre. C’est en parlant qu’une pensée s’exprime, que des découvertes vont se manifester.
« En se transformant en langage, la pensée se réorganise et se modifie. Elle ne s’exprime pas mais se réalise dans le mot. » (L. Vygotsky, « Pensée & langage, 1934, 1997, p. 431).

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